Urologie

Qu’est-ce-que l’hyperactivité vésicale ?

L’hyperactivité vésicale (HAV) est un syndrome se manifestant par un besoin urgent d’uriner (urgenturie) qu’il est difficile voire impossible de contrôler, de jour comme de nuit, et pouvant s’accompagner ou non de fuites urinaires1.

Elle doit être distinguée de :

  • l’incontinence urinaire d’effort qui se manifeste par la perte d’urine involontaire lors d’un effort, d’un éternuement ou d’une toux,
  • l’incontinence urinaire mixte qui associe les deux types d’incontinence et se manifeste par une perte d’urine involontaire lors d’une urgenturie et lors d’un effort, d’un éternuement ou d’une toux1.
Hyperactivité vésicale

L’HAV est une pathologie taboue, souvent passée sous silence, dont la prévalence en France est d’environ 3 millions de personnes, hommes comme femmes, après 40 ans2.

Quelle en est la cause?

Des maladies neurologiques ou des pathologies qui altèrent le fonctionnement de la commande vésicale peuvent être à l’origine d’hyperactivité vésicale. Cependant, dans la majorité des cas, aucune cause n’est identifiée pour expliquer la survenue de l’HAV. On parle alors d’hyperactivité vésicale idiopathique.

Quels en sont les symptômes?

Les symptômes les plus fréquents sont :

  • l’urgenturie qui se caractérise par le fait de ressentir une envie soudaine et parfois incontrôlée d’uriner,
  • La pollakiurie qui se définit par un nombre de mictions (action d’uriner) supérieur à 8 par jour.
Ces symptômes, diurnes ou nocturnes (on parle dans ce cas de nycturie), peuvent être accompagnés ou non de fuites urinaires.

Pourquoi ces symptômes?

Normalement, les muscles de la vessie sont relâchés pour lui permettre de se remplir d’urine. Quand la vessie est pleine, des signaux nerveux sont envoyés au cerveau qui transmet un signal pour ordonner aux muscles de la vessie de se contracter - c’est à cet instant que le besoin d’aller aux toilettes et d’uriner est ressenti3.
Schéma 2: Vessie normale

Lorsqu’une personne souffre d’HAV, les signaux nerveux sont transmis au cerveau avant que la vessie ne soit pleine, ce qui peut provoquer la sensation d’avoir besoin d’aller aux toilettes en urgence subitement et précipitamment ou d’avoir besoin de s’y rendre plus souvent. Il peut également arriver d’uriner involontairement (fuites urinaires) et/ou d’être réveillé, plus de 2 fois, la nuit par l’envie uriner4.
Schéma 3: Vessie Hyperactive

Quels impacts de l’HAV ?

Si elle n’est pas prise en charge, l’HAV peut avoir un impact majeur sur la qualité de vie des personnes qui en souffrent.
Au quotidien, elle peut affecter la vie sociale, limiter les activités physiques et professionnelles, avoir un impact négatif sur la santé psychique, les relations intimes, la vitalité et l’énergie de tous les jours5.

 

1. Abrams et al., The standardisation of terminology in lower urinary tract function: report from the standardisation sub-committee of the International Continence Society 2013

2. Milsom I, et al., How widespread are the symptoms of an overactive bladder and how are they managed? A population based prevalence study. BJU Int 2001;87:760–6

3. Parratte B. et al., Bases anatomo-fonctionnelles du bas appareil urinaire. Prog Urol (2007) 17(3): 331-335;

4. Wein AJ et al. Overactive Bladder: A Better Understanding of Pathophysiology, Diagnosis and Management. The Journal of Urology 2006;175:S5-S10

5. Stewart WF et al., Prevalence and Burden of Overactive Bladder in the United States. World J of Urol 2003; 20:327-336