Occlusion Veineuse Rétinienne

Qu’est-ce que l’occlusion veineuse rétinienne ? (1)

C’est un ralentissement brutal de la circulation du sang dans la rétine car une veine se bouche partiellement.

Il en existe deux formes selon la veine touchée : la grosse veine centrale de la rétine (occlusion de la veine centrale de la rétine : OVCR) ou une plus petite veine de la rétine (occlusion de branche veineuse de la rétine : OBVR).

Le sang ne peut plus s’évacuer normalement hors de l'œil : le ralentissement de la circulation sanguine fait s’élever la pression dans les veines. A l’examen du fond d'œil, l’ophtalmologiste constate une dilatation des veines et des saignements.

Deux phénomènes font alors chuter la vision : la rétine manque d’oxygène et souffre (ischémie), elle est envahie par un oedème (oedème maculaire).

Quelles en sont les causes ? (1)

Elles ne sont pas bien connues. Pour les occlusions de la veine centrale, il est possible qu’un caillot se forme dans la veine, mais il n’existe aucune certitude sur ce point.

L’hypertension artérielle est fréquemment associée aux occlusions de la veine centrale de la rétine, sans que l’on comprenne bien les rapports entre les deux maladies.

Pour les occlusions de branche veineuse, le mécanisme est sans doute différent. En simplifiant, il semble qu'une petite artère, dont la paroi est "durcie" (par l'hypertension artérielle par exemple), "écrase" une veine au niveau d'un croisement entre les deux.

Le glaucome est fréquemment associé aux occlusions veineuses rétiniennes.

Les occlusions veineuses n’ont pas de rapport avec le tabagisme (et sans doute pas avec l’hypercholestérolémie). Cette maladie pourrait être génétique dans certains cas. En effet, plusieurs cas peuvent survenir au sein d’une même famille. Cependant, le gène responsable n’a pas été découvert à ce jour.

Il est très fréquent de ne retrouver aucune cause à la maladie.

Comment fait-on le diagnostic d’une occlusion veineuse rétinienne ?

Le plus souvent, le diagnostic est porté par l'ophtalmologiste en examinant le fond d'oeil.

Les examens complémentaires sont le plus souvent limités à des photographies du fond d’oeil, et parfois une angiographie (injection de produit fluorescent dans les veines du bras pour mieux voir les vaisseaux de la rétine).

Un bilan biologique simple pourra être proposé, pour rechercher par exemple une viscosité sanguine trop élevée ou une tendance à une coagulation exagérée ; un bilan sanguin et cardio-vasculaire plus poussé est parfois nécessaire, décidé au cas par cas.

Il faut savoir que ce bilan est le plus souvent normal, car il y a peu de personnes chez qui une maladie générale en rapport avec l'occlusion veineuse est retrouvée, hormis l’hypertension artérielle et le glaucome.

Quelle est l’évolution? (1)

Elle est difficile à prévoir. L’occlusion veineuse peut durer plusieurs mois, voire plusieurs années. Soit la veine va spontanément se déboucher, soit des vaisseaux appelés « vaisseaux collatéraux » vont se développer pour contourner l’obstacle.

Certains patients guérissent (spontanément) sans séquelle. Par contre, chez d'autres, la vision peut rester altérée, à différents niveaux.

Il peut exister des fluctuations de la vision avec parfois une moins bonne vision le matin au réveil. Les formes les plus sévères de la maladie sont essentiellement le fait de certaines occlusions de la veine centrale. A l'opposé, la perte de la vision n’est jamais complète au cours des occlusions de branche, car la plus grande partie de la rétine n’est pas concernée par l’occlusion. Le risque d’atteinte des 2 yeux, bien que non nul, est très faible.

Quel est le traitement ? (1)

A l’heure actuelle, il y a peu de certitudes sur la façon de traiter cette maladie.

Lorsque la vision est basse en raison d’un œdème prolongé de la rétine, certains traitements tels que du laser et/ou des injections intravitréennes dans l’œil de différents produits peuvent améliorer la vision.

Dans certaines formes sévères ("ischémiques"), c'est à dire les cas dans lesquels les capillaires se bouchent sur une grande surface, un traitement au laser pourra être nécessaire, pour éviter la prolifération de petits vaisseaux anormaux qui peuvent entraîner des saignements et/ou des douleurs.

(1) Association contre l’Occlusion Veineuse Rétinienne. Livret d’information patient rédigé par le Pr Michel PAQUES et le Dr Jean-François GIRMENS – Septembre 2012.