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Glaucome

Il s'agit d'une maladie oculaire très fréquente qui détruit petit à petit le nerf optique et fait diminuer la vision, si on ne le soigne pas. Un traitement efficace permet de tout normaliser et de garder une bonne vue, toute sa vie. Nous n'évoquerons que le glaucome le plus courant, le glaucome à angle ouvert.

Pourquoi a-t-on un glaucome ?

En fait cela survient principalement après 45 ans, ce qui explique l'intérêt d'une consultation régulière chez votre ophtalmologiste. C'est donc l'âge qui est un des facteurs principaux en cause. Il peut y avoir des glaucomes chez les jeunes, mais c'est assez rare. Un autre élément important est l'hérédité car le glaucome a une composante familiale. Quand on en découvre un chez une personne, il est conseillé de vérifier la pression oculaire chez les autres membres de la famille.

Que ressent-on ?

Et bien rien. C'est la cause principale de la gravité de la maladie, car les gens ne consultent parfois que lorsqu'ils ont mal ou bien quand leur vision s'est dégradée. On se rend compte alors que le patient n'a pas consulté d'ophtalmologiste depuis longtemps. L'examen va retrouver souvent un oeil quasiment perdu et l'autre en mauvais état. Un glaucome évolué entraîne une dégradation du champ visuel et les personnes ne voient pas par exemple la partie inférieure des personnages (scotomes).

Quelle est la pression normale dans l'oeil ?

Il ne faut pas qu'elle soit supérieure à 21-22 mm de mercure (Hg), mais cette valeur est fonction de différents paramètres (aspect de la cornée, âge). Votre ophtalmologiste vous expliquera pourquoi votre tension peut-être considérée comme normale ou pathologique. Il n'y a pas de rapport avec la tension prise au bras par votre médecin.

Quel est le traitement habituel quand on a découvert un glaucome ?

Le plus souvent, il faut le traiter avec des gouttes que l'on met dans les yeux tous les jours (des collyres) qui vont permettre une stabilisation de cette maladie. Ils vont faire diminuer la pression intérieure de l'oeil. Sans traitement on devient aveugle, de façon irréversible. Ces traitements devront être suivis toute la vie car leur arrêt entrainerait une remontée de la pression oculaire. Ainsi le champ visuel et le nerf optique ne s'abîmeront pas.

Quels sont les médicaments que l'ophtalmologiste va utiliser ?

Il va vous prescrire différents collyres que l'on peut souvent associer entre eux pour avoir une meilleure efficacité. On peut les répartir en différents groupes :

Les bêta-bloquants:

C'est la classe de médicaments anti-glaucomateux la plus utilisée depuis 20 ans pour faire baisser la pression oculaire dans des valeurs normales. Si vous avez eu de l'asthme ou certains troubles cardiaques, dites-le à votre ophtalmologiste qui ne vous en prescrira pas car ces médicaments peuvent avoir des contre-indications.

Les sympathomimétiques:

Ces types de molécules sont instillées seules ou en association avec un bêta-bloquant, quand ce dernier n'est pas suffisamment efficace pour faire baisser la pression oculaire. Ils sont bien supportés et doivent être instillés matin et soir à 12 heures d'intervalle. Quand on doit mettre deux collyres, il vaut mieux espacer l'instillation du deuxième produit de quelques minutes (5 à 15 minutes). Un nouveau produit alpha2 agoniste est venu récemment compléter cette classe de médicaments.

Les inhibiteurs de l'anhydrase carbonique:

Ils peuvent être donnés sous forme de comprimés avec parfois des effets secondaires généraux (fatigue, crampes, fourmillements). Ces effets peuvent être diminués si on utilise la forme collyre qui doit être administré 3 fois par jour si on l'utilise seul, ou 2 fois par jour s'il est utilisé avec un bêta-bloquant.

Les dérivés des prostaglandines:

Cette catégorie récente de traitement peut aussi être proposée seule ou associée suivant le cas. Ces traitements peuvent entraîner une modification de la couleur de l'iris chez des personnes prédisposées. Des nouvelles molécules de cette catégorie qui seraient susceptibles d'entraîner moins d'effets indésirables de cet ordre vont bientôt être proposées. Elles auraient moins d'effets secondaires que les produits actuellement disponibles.

Les myotiques:

Ces collyres sont les plus anciens des traitements du glaucome. Comme leur nom l'indique, ils provoquent une diminution de la taille de la pupille (myosis). Ils sont d'autre part souvent mal supportés (douleur à l'instillation, trouble de la vision, maux de tête). Ils sont de ce fait de moins en moins utilisés.

Et l'avenir ?

Y a-t-il d'autres traitements du glaucome ? On est parfois obligé de s'orienter vers un traitement par laser ou vers une opération chirurgicale, mais il faut savoir qu'il s'agit là d'une deuxième étape, car on commence toujours par un traitement médical par collyres. L'efficacité de ces médicaments, et notamment des nouvelles molécules mises récemment sur le marché est telle, que les résultats sont la plupart du temps excellents et que les patients traités gardent longtemps une bonne vision et un champ visuel de bonne qualité.